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Les vêtements et les chaussures que l'on trouve dans la...

J'étais bien content quand I'école a repris. Papa me déposait maintenant devant I'entrée des grands. J'étais au collêge, dans la même classe que les copains, et une nouvelle vie commençait. Nous avions cours certains aprês-midi de la semaine et je découvrais de nouvelles matiêres comme les sciences naturelles, I'anglais, la chimie, les arts plastiques. Les élêves qui avaient passé leurs vacances en Europe ou en Amérique en étaient revenus avec des habits et des chaussures à la mode. Au début, je n'y prêtais pas attention. Mais Gino et Armand n'arrêtaient pas d'en parler, les yeux brillants. Cette envie a viré à obsession et j'ai fini par être contaminé.

Désormais, il n'était plus question de billes et de calots, mais de fringues et de marques. Sauf que, pour en avoir, il fallait de I'argent. Beaucoup d'argent. Même en vendant toutes les mangues du quartier, nous n'aurions pas pu nous payer les chaussures avec la petite virgule dessus. Ceux qui revenaient de là-bas, d'Europe et d'Amérique, nous racontaient que les magasins faisaient plusieurs kilomêtres de long et débordaient de baskets, de tee-shirts, de maillots de sport et de jeans. À Buja, il ny avait rien, à part la vitrine dégarnie de la boutique Bata dans le centre-ville, ou les étals du marché Jabé qui proposaient quelques Reebok Pump trouées et des marques célêbres avec des fautes d'orthographe. Nous étions tristes d'être privés de ces choses dont nous nous étions passés jusque-là. Et ce sentiment nous changeait de I'intérieur. Nous détestions en silence ceux qui les possédaient.

Donatien, qui avait remarqué mon nouvel attrait pour les marques ainsi que ma propension à médire sur certains gosses de riches de I'école, me disait que [envie était un péché capital. Ses leçons de morale me passaient au-dessus de la tête et pour une fois je préférais discuter avec Innocent, lui avait des combines pour me dégoter à moindre prix les accessoires dont je rêvais. À I'école, les groupes se constituaient désormais sur de nouveaux critêres : ceux qui possédaient restaient entre eux.


Faye, Gaél. Petit Pays. Le Livre de Poche. Paris : 2017.


ur la base du texte présenté, jugez les éléments suivants.

Les vêtements et les chaussures que l'on trouve dans la ville du protagonisme sont vraisemblablement des contrefaçons.


C

Certo


E

Errado