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Ahmadou Kourouma, écrivain ivoirien (1927-2003), est un des...

Texte VI, pour répondre aux questions de 31 à 35.


1 Suis pas chic et mignon parce que suis poursuiv

par les gnamas de plusiers personnes. (Gnama est (...)

l’ombre qui devient force immanente mauvaise qui suit

4 l’auteur de celui qui a tué une personne innocente.) Et moi j’ai

tué beaucoup d’innocents au Liberia et en Sierra Leone où j’ai

fait la guerre tribale, où j’ai été enfant-soldat. (...)

7 Avant de débarquer au Liberia, j’étais un jeune sans

peur ni reproche. je dormais partout, chapardais* tout et

partout pour manger. Grand-mère me cherchait des jours et

10 des jours : c’est ce qu’on appelle un enfant de la rue. Avant

d’être un enfant de la rue, j’étais à l’école. Avant ça, j’étais un

bilakoro au village de Togobala. (Bilakoro signifie, d’après

13 I’Inventaire des particularités lexicales, garçon non circoncis.)

Je courais dans les rigoles**, j’allais aux champs, je chassais

les souris et les oiseaux dans la brousse. Un vrai enfant

16 nègre noir africain broussard. Avant tout ça, j’étais un gosse

dans la case avec maman. Le gosse, il courait entre la case

de maman et la case de grand-mère. Avant tout ça, j’ai

19 marché à quatre pattes dans la case de maman. Avant de

marcher à quatre pattes, j’étais dans le ventre de ma mère.

Avant ça, j’étais peut-être dans le vent, peut-être un serpent,

22 arbre, bétail ou homme ou femme avant d’entrer dans le

ventre de sa maman. On appelle ça la vie avant la vie. J’ai

vécu la vie avant la vie.


* dérober, voler (de petites choses).

** caniveau, ruisseau.

Ahmadou Kourouma. Allah n’est pas obligé. Paris: Ed. Seuil, 2000, p. 13.

Ahmadou Kourouma, écrivain ivoirien (1927-2003), est un des plus grands auteurs d’expression française. Le roman Allah n’est pas obligé, qui raconte l’histoire de l’enfant-soldat Birahima, a obtenu le prix Renaudot. Considérant l’extrait présenté ci-dessus, marquez l’option correcte.


A

Le récit est construit sur un jeu d’oppositions entre un avant et un après, où l’après, la vie au Liberia, est présenté avec nostalgie par le narrateur.


B

Le jeune Birahima ne garde aucun remords des morts qu’il a été obligé de commettre au Liberia et raconte cela avec de l’humour.


C

Birahima raconte son histoire de façon dramatique puisqu’il s’agit d’un récit de la misère vécue par le personnage-narrateur.


D

Le récit de mémoire est ici inusité, construit sur la succession des évènements passés jusqu’à arriver au moment avant l’existence du narrateur.


E

Le narrateur, assimilé à la culture française, ne donne pas d’importance à son héritage culturel africain.